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03.06.2016

Ouzbékistan, la perle de la Route de la Soie

 

Samarcande, Boukhara, Khiva… ces noms mythiques convoquent notre imaginaire et  évoquent le faste et le raffinement de l’Orient. Au cœur de l’Asie centrale, l’Ouzbékistan nous offre de belles découvertes à la croisée des anciennes routes de la Soie.

Dominée par trois monumentales medersas (écoles coraniques) aux élégants dômes turquoises, la place du Reghistan s’impose et intimide par ses dimensions. “La plus majestueuse  place du monde”, comme aimait la décrire le gouverneur des Indes Lord Curzon, offre à nos yeux d’occidentaux la grandeur de l’Orient dans toute la splendeur de son apogée. Chacune des façades est décorée différemment, recouverte de faïences bleues intenses et constellée de motifs géométriques et floraux. “Remarquez sur le portail de la medersa Chir Dar les deux tigres qui courent après une biche. On y voit même un visage humain, alors que toute représentation des êtres vivants est interdite par l’islam. Cela montre l’ouverture d’esprit et la tolérance qui régnaient à Samarcande” s’enthousiasme Nasim, notre guide. “Jusqu’au début du 20e siècle se tenait sur cette place sablonneuse un des bazars les plus pittoresques d’Asie Centrale où les hommes enturbannés côtoyaient des caravanes de chameaux, les épices embaumaient les allées, des tapis, des tissus et des soies aux couleurs chatoyantes coloraient les étales, Samarkand était le carrefour principal des routes de la soie”. À cette époque, dans ces trois medersas, d’éminents savants enseignaient la théologie, les mathématiques, l’astronomie, la médecine et la philosophie… La cité était resplendissante, la science et le savoir y excellaient.

Ouzbékistan, Samarcande, classé Patrimoine Mondial de l'UNESCO, place du Reghistan, Medersa Chir Dor // Uzbekistan, Samarkand, Unesco World Heritage, the Reghistan, Chir Dor Madrasah

Ouzbékistan, Samarcande, classé Patrimoine Mondial de l’UNESCO, place du Reghistan, Medersa Chir Dor

Riche en mythiques cités aussi noble que Samarcande, comme Boukhara, Khiva, Kokand ou Ferghana, l’Ouzbékistan, cet ex-republique soviétique entouré par des frontières naturelles de désert et de montagnes, est devenue aujourd’hui une destination touristique incontournable. « Brulant de connaître ce qui devrait être caché… nous suivons la Route d’Or vers Boukhara la Divine et Samarcande la Bienheureuse » écrivait le poète et diplomate britannique James Elroy Flecker. La splendeur de ces cités légendaires a été célébrée depuis la nuit des temps par les poètes et les écrivains. La difficulté de leur accès enflammait encore davantage l’imagination des hommes de lettre. Pourtant l’histoire de ces villes n’a pas toujours été épargnée par les tragédies, la plus terrible d’entre toutes a été la furie destructrice de Gengis Khan. Rasé en 1220 par le conquérant mongol, Samarcande rayonnera à nouveau grâce au dynamisme de la route de la soie, mais sa véritable renaissance débute avec l’arrivée de Tamerlan qui la dote de son architecture typique actuelle : medersas vernissées aux couleurs éclatantes, mosquées aux minarets majestueux ornés de calligraphies, palais et mausolées coiffés de coupoles turquoises et décorés de faïences bleus. Malgré la période soviétique qui a laissé une empreinte indélébile en modifiant sensiblement l’urbanisme de l’ancienne cité, la Samarcande de Tamerlan éblouit toujours les voyageurs grâce à ses très nombreux sites grandioses qui ont défié le temps et qui sont aujourd’hui inscrits au patrimoine mondial de l’humanité.

Ouzbékistan, Samarcande, classé Patrimoine Mondial de l'UNESCO, mausolée de Shah i Zinda // Uzbekistan, Samarkand, Unesco World Heritage, Shah i Zinda mausoleum

Ouzbékistan, Samarcande, classé Patrimoine Mondial de l’UNESCO, mausolée de Shah i Zinda

Située dans un oasis fertile irrigué par les cours de l’Amou Daria, Boukhara a souvent disputé à sa rivale Samarcande la suprématie de la région. Un train à grande vitesse relie aujourd’hui ces deux anciennes étapes de la route de la soie en 3 heures. Autrefois, les commerçants entreprenaient ce long voyage à dos de chameau, traversaient les steppes désertiques, faisant halte dans de somptueux caravansérails. « Les Mongols de Gengis Khan ont infligé à Boukhara le même sort sanglant que celui de Samarcande, rasant la ville. Pendant la période Timouride (descendants de Tamerlan), Boukhara était éclipsée par Samarcande. Mais, ironie du sort, la cité renaîtra de ses cendres grâce à la dynastie des Chaïbanides, lointains descendants du grand chef mongol qui feront d’elle leur capitale en fondant le Khanat de Boukhara » précise Nasim, féru d’histoire. A l’opposé de sa rivale, Boukhara a réussi à conserver intact son aspect du 16e siècle : ici pas d’avenues démesurées, aucune place mégalomanes, pas de palais stalinien,  rien ne vient altérer la douce harmonie architecturale de la cité historique. Le centre se concentre sur une petite superficie où l’on prend plaisir à flâner dans ses rues piétonnes, le ton harmonieux des ocres rehaussé par les emails bleus étincelants est un enchantement pour l’œil. Sur la place centrale Liab-i-Haouz, la statue de Nasrudin, héro des contes soufi, sourit malicieusement aux clients qui sirotent un thé dans les nombreuses tchaikhanas, ces maisons de thé qui bordent les bassins. De là, des ruelles relient les majestueuses medersas aux façades ouvragées et les mosquées tapissées de mosaïques, traversent des passages à arcades, longent les bazars coiffés de coupole et débouchent sur l’emblématique minaret Kailan de 47 mètres de haut, unique monument épargné par la folie dévastatrice de Gengis Khan. Un peu à l’écart, du haut de ses massifs murs de terre, la citadelle royale d’Ark contemple cet ensemble harmonieux.

Ouzbekistan, Boukhara, patrimoine mondial de l Unesco, la mosquee et le minaret Kalon, Madrasa Mir I Arab // Uzbekistan, Bukhara, Unesco world heritage, Kalon mosque and minaret, Madrasah Mir I Arab

Ouzbekistan, Boukhara, patrimoine mondial de l Unesco, la mosquee et le minaret Kalon, Madrasa Mir I Arab

Nassim nous incite à quitter la ville pour aller à la rencontre des villages où se perpétuent encore des traditions séculaires, où les hommes coiffés de tioupé, le chapeau ouzbek, et les femmes aux foulards fleuris continuent de célébrer les mariages et les fêtes selon les coutumes anciennes.

Ouzbékistan, province de Kachkadaria, Chakhrisabz, femme ouzbek // Uzbekistan, Kachka Daria region, Chakhrisabz, Uzbek woman

Ouzbékistan, province de Kachkadaria, Chakhrisabz

En cette période des fêtes de norouz qui célèbrent l’arrivée du printemps, la saison des “Bouzkachi” bat son plein. Cet antique jeu hérité des Mongols qualifié de “barbare” par les Occidentaux est considéré par les Ouzbeks comme indissociable de leur culture. Une centaine de cavaliers se disputent dans un brouillard de poussière la dépouille d’un bouc sacrifié pour l’occasion et rempli de sable, histoire de le rendre insoulevable, le but étant de le trainer à bout de bras et de le sortir de la mêlée. “C’est une tradition ancienne et son organisation reste également archaïque. Nous ne pouvons pas savoir  à l’avance quand et où va se dérouler un bouzkachi, la nouvelle se répand de bouche à oreille. Les Ouzbeks adorent ce jeu, ils partent en quittant tout sur le champ dès qu’ils apprennent qu’il y en a quelque part” affirme Nasim.

Ouzbekistan, Region de Kachkadaria, Bouzkachi ou Buzkashi, les cavaliers se disputent le cadavre d'un mouton // Uzbekistan, Kachka Daria province, Buzkashi, horsemen fighting for a sheep body

Ouzbekistan, Region de Kachkadaria, Bouzkachi ou Buzkashi, les cavaliers se disputent le cadavre d’un mouton

Et puis le pays est tellement vaste que l’on se promet de revenir, peut être pour découvrir à l’ouest au bout du pays, Khiva la ville musée qui se dresse en sentinelle du désert… Ou bien vers l’est, la vallée de Ferghana, vaste oasis coincé entre les chaines du Pamir et du Tian Shan, véritable foyer des traditions où l’on peut encore saisir l’âme de l’Ouzbékistan. Dans ses villes d’anciennes tchaikhanas accueillent toujours les patriarches Ouzbeks aux pommettes saillantes, enveloppés dans des chapans, grands manteaux rayés, et coiffés de turbans colorés, qui comme l’écrivait Joseph Kessel, dans son ouvrage Les Cavaliers, sont  allongés avec nonchalance, les épaules appuyées contre des monceaux de cotonnade et de soieries venues de la Perse, de l’Inde et du Japon, portant à leurs lèvres des tasses de faïence russe d’où exhalait l’arôme du thé vert importé de Chine”. À Richtan, les artisans continuent à fabriquer l’emblématique poterie d’argile bleu cobalt et dans les ateliers de Marguilan se tisse encore la soie, cette étoffe précieuse qui a façonné l’histoire de l’Ouzbékistan.

Tuul et Bruno Morandi

Ouzbekistan, region de Fergana, Marguilan, bazar, marché de la soie // Uzbekistan, Fergana region, Marguilan, bazaar, silk market

Ouzbekistan, region de Fergana, Marguilan, bazar, marché de la soie

 

Images réalisées avec un FUJIFILM X-T1 et les objectifs XF16-55mm et XF50-140mm

Pour en savoir plus : www.brunomorandi.com

 

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